Sylvie est une maman assez fière du parcours de ses enfants. Dans son environnement familial, amical ou professionnel, on lui pose de temps en temps la question : « Comment avez-vous fait pour qu’ils réussissent comme ça ? Avez-vous un secret ? »
La première fois, la question l’a complètement décontenancée : les choses s’étaient mises en place naturellement, elle ne savait pas quoi répondre. A force d’y réfléchir, elle a fini par dégager quelques réflexions et enseignements qu’elle partage maintenant bien volontiers et qui constituent l’essence même du coaching.
Quand ils étaient petits, Sylvie a dit à ses enfants :
« vous êtes normalement intelligents, vous devez normalement
réussir ». Le papa a renchéri : « Dans cette famille, on n’a que de
bonnes notes ».
A la fin de chaque trimestre, elle se contentait de lire le bulletin que les enfants rapportaient. C’était un vrai rituel : elle lisait notes et commentaires des professeurs à voix haute, ligne par ligne, en exprimant sa satisfaction. « Easy » diriez-vous… C’est vrai qu’ils avaient des capacités. Les choses auraient été bien différentes s’ils ne les avaient pas eues.
Les mentions Très bien au Bac S sont arrivées comme des évidences. Encore facile…
En Terminale, sa fille ainée a choisi médecine et c’est seulement quand elle a réussi le concours dès la première année que la maman s’est dit : « Ah, quand même… elle est plutôt douée ». Depuis, sa fille continue sur sa voie et finit actuellement son internat.
Son fils a intégré l’école Polytechnique, après deux années de classes préparatoires où il a dû se mettre un peu à travailler. Il n’en avait pas l’habitude, cela n’a pas été facile. Aujourd’hui, il a beau dire : « Tu sais, maman, une fille médecin et un fils ingénieur, c’est très cliché », Sylvie est encore impressionnée par le résultat.
Elle ne l’a pas vu venir, encore moins voulu. Il y a quelques années, son fils lui a dit : « Si j’avais voulu être boulanger, vous auriez été d’accord. Vous m’auriez juste demandé d’être un bon boulanger ».
C’est peut-être vrai…
Sylvie n’a pas vraiment de recettes à partager, mais elle a identifié trois grands principes ou croyances qui les ont guidés toutes ces années :
- Avoir foi dans leurs ressources pour faire face.
Sachant que des générations d’écoliers étaient passés par là avant eux, il n’y avait aucune raison objective pour qu’ils n’y arrivent pas. Sylvie n’a donc pas voulu intervenir plus que nécessaire. Bien sûr, quand âgé de 4 ans, son fils a eu un problème avec un petit garçon qui cherchait à le racketter, elle est allée trouver sa maitresse. En dehors de cet épisode, elle n’a jamais sollicité de rendez-vous avec le corps enseignant. Ce n’était pas par manque d’intérêt, elle n’a jamais manqué un rendez-vous annuel parents/professeurs. En cas de problème, les enfants savaient pouvoir compter sur eux. Ils n’en ont pas abusé.
- Les laisser choisir leur voie.
Qu’importe les études ou le métier, le plus important à ses yeux était qu’ils soient au bon endroit. Sylvie est bien placée pour savoir que les études permettent seulement d’ouvrir la première porte d’un long parcours professionnel qui peut révéler bien des surprises.
De fait, le choix de l’orientation n’a jamais été un sujet de préoccupation à la maison. Dès 5 ans, son fils savait qu’il voulait faire de la recherche en physique ou en maths. Quant à sa fille, elle n’a commencé à réfléchir à son métier que l’année du Bac. Quand ils ont eu à faire un choix, Sylvie s’est contentée de leur faciliter l’accès à l’information en leur montrant par exemple des statistiques ou en les emmenant à des journées Portes Ouvertes.
- Faire confiance au corps enseignant.
Sylvie a eu beaucoup d’admiration et de gratitude pour les différents directeurs et proviseurs des écoles qu’ils ont fréquentées. Si ses enfants rencontraient une difficulté quelconque avec l’un de leurs professeurs, Sylvie faisait un effort pour rester en retrait et attendait d’eux qu’ils fassent l’effort d’adaptation nécessaire. Cela leur est arrivé, ils ne se sont pas laissés abattre et ont trouvé les moyens de surmonter le problème.
C’est bien cette capacité d’adaptation, comme la gestion émotionnelle dont ils font preuve tous les deux, qui au fond impressionnent le plus Sylvie.
Ce sont les mêmes principes et croyances qui constituent l’essence même du coaching :
– une confiance importante dans la personne accompagnée, dans sa capacité à trouver par elle-même, les solutions à ses propres difficultés.
– la foi dans l’existence qui trouvera toujours le moyen de nous apporter ce dont nous avons besoin.
Faire siennes ces croyances permet de réduire l’impact de nos peurs. Car tapies dans l’ombre, elles sont toujours prêtes à prendre les commandes et à nous faire intervenir plus que de raison, transformant une simple difficulté en un vrai problème à régler.
Photo : Unsplash / Steven Libralon





